J’avais écrit : » En amour il faut être deux… » Sur le moment, j’avais été frappée par la justesse de la formule. C’était si simple et tellement évident… Simple. On prenait deux personnes. Soudain, elles s’aimaient et tout allait de soi, sans heurts, sans raclement dans l’embrayage, sans sortie de route, sans embardées, sans grincements,Lire la suite « Blague idiote (2005) »
Archives de la catégorie : journal discontinu
Elle allait maintenant…
Elle allait maintenant dans cette autre ville. Elle se garait sur la place, dépassait la mairie. Elle repensait à d’autres places, d’autres parkings. Le mardi, elle devait se garer un peu plus loin à cause du marché du lendemain. Elle faisait un détour pour aller acheter un paquet de cigarettes, parfois le journal. La dameLire la suite « Elle allait maintenant… »
Le feu
Pluie, averses, ciel jaune et gris. J’ai allumé le feu préparé avant mon départ. Ne m’attendent que des travaux de bûcheron, des travaux d’homme. Entre deux averses, je visse les trois dernières planches d’un grand coffre fabriqué dans l’intention d’y stocker du petit bois. Débiter les jeunes frênes coupés par le voisin, couper les gourmandsLire la suite « Le feu »
Enfance (1962-1970)
Les tennis Elle dégage la languette et mes chaussures font la grimace sur une feuille de papier journal sur la table de la courette. En pressant sur le flacon – un système complexe – elle exprime une peinture blanche qui dégouline sur la toile de mes tennis. Au fil, pendants et amidonnés d’un reste deLire la suite « Enfance (1962-1970) »
Ecrire
Je leur envoie des histoires, des nouvelles, des lettres. Je travaille, choisis chaque mot, efface, remanie, recommence, annule encore et réécris. Mes doigts deviennent des mots, des phrases, je cherche et travaille encore. J’arrache chaque mot, chaque phrase, chaque texte, du plus profond de moi. Je travaille. J’envoie, je distribue, je donne. « Tiens, j’ aiLire la suite « Ecrire »
Inutile ludion
Inutile ludion, je flotte entre deux eaux, je dérive, je monte et je descends. Un remous m’entraîne, j’affleure la surface, une inspiration comme un cri. Je redescends, plonge, m’abîme, le courant me maintient plaquée, à la limite de l’asphyxie. Sons amplifiés d’une agonie qui ne dit pas son nom. L’instant suivant, je lutte et meLire la suite « Inutile ludion »
Les mots bonbons
Elle se souvenait que ces mots étaient des bonbons, des bonbons qu’elle pouvait sucer plusieurs minutes, rouler dans sa bouche, laisser fondre sur sa langue avant de les prononcer, mots caramels, mots berlingots. D’autres fois, impatiente, elle les croquait : les mots se mettaient à pétiller dans sa bouche et ils fusaient avec un goûtLire la suite « Les mots bonbons »
Bout de verre
Elle tenait le petit vase bleu à deux mains. Elle le faisait lentement tourner, observant par transparence les bulles dans le verre, les inclusions, les impuretés. Petit vase ? Flacon ? Verre à boire ? Non, trop précieux pour être un simple verre. Trop épais pour être un flacon. Un vase alors ? Elle restaLire la suite « Bout de verre »
Paradis
Elle avait le vertige. Elle avait peur du vide. Même debout sur une chaise, elle avait peur de tomber. Heureusement, il n’y avait absolument aucune chaise au Paradis. Elle se souvenait de ça. Pas de chaise. Pas d’escabeau. Rien à escalader. Eve fermait les yeux et respirait lentement. Elle était essoufflée. Pourtant, elle ne fumaitLire la suite « Paradis »
Amour
Il ne cesse de l’embrasser. Elle est pendue à ses lèvres. Après le dire, le faire… Elle se noie de ces baisers. Mais il y a cet élancement du corps, ce désir qui dit trop bien son nom. Elle pourrait lui parler encore, ne plus jamais se taire. Elle pourrait se taire et le regarder.Lire la suite « Amour »