Il ne cesse de l’embrasser. Elle est pendue à ses lèvres. Après le dire, le faire… Elle se noie de ces baisers. Mais il y a cet élancement du corps, ce désir qui dit trop bien son nom. Elle pourrait lui parler encore, ne plus jamais se taire. Elle pourrait se taire et le regarder.Lire la suite « Amour »
Archives de l’auteur : l'excédée
Vénale vénielle
« Là, ça fait trop longtemps, m’en faut une… »Parfois, il réussissait à résister quelques jours. Puis le besoin revenait, lancinant, irrépressible, presque douloureux.Il enfila un blouson, rafla ses clefs. Porte qui claque.Rues, Cafés, nuit. Il avait plu, il entendait les voitures rouler sur un bitume encore mouillé. Reflets de néons dans les flaques, clignotements amputésLire la suite « Vénale vénielle »
6 en prose (2016)
La reine du monde Je ne suis plus la reine du monde : je peux toucher de mes bras étendus, les bornes du domaine.J’arpente, en deux pas carrés, l’espace qui me reste. Je ne suis plus la reine du monde : mes pouvoirs sont dissous, ma garde dispersée.Ma couronne est tombée et a roulé dansLire la suite « 6 en prose (2016) »
L’ oignon
Il cheminait sur le sentier. Il s’était déjà arrêté deux fois : la première pour se rouler une cigarette et la fumer, tranquillement assis, le dos calé contre la haie en contemplant la mer, la seconde fois pour ramasser une sorte de menthe sauvage. Il avait froissé une feuille pour en respirer le parfum etLire la suite « L’ oignon »
La démênoueuse
» On lui avait proposé de devenir dentellière, tisseuse, menuisier ou jardinier. Elle était douée pour empiler, assembler, extraire de la matière de bizarres constructions, tirer des matériaux le parti le plus extrême. Les friches fleurissaient, les marnes devenaient briques, la laine se bouclait en écharpes, les maisons surgissaient. Ce qu’elle ne faisait pas, elleLire la suite « La démênoueuse »
Exercice de style (1965/1970)
Je me souviens qu’au cinéma Rex, je préférais les décors où je me promenais en imagination, au film lui-même. Je me souviens des paquets de sucre qui étaient bleus et que ma mère transformait, une fois vides, en porte-feuille. Je me souviens des bons de réduction et des échantillons de lessive, distribués dans les boîtesLire la suite « Exercice de style (1965/1970) »
La lampe
La lumière devait être par là. L’homme scrutait l’obscurité. Elle devait être par là. Il inventait une lueur, se raccrochant à l’idée qu’il verrait bientôt la petite tache jaune. Il trébucha et dévala la pente. Il se remit debout et recommença à marcher. Il ne voyait même plus ses pieds. La nuit était noire, sansLire la suite « La lampe »
Légionnaire
21 kilomètres Il marche, son sac lui bat les reins. Le barda est lourd. Le train l’a laissé à trente kilomètres de là. Il marche d’un pas ample et régulier. Un camion s’arrête, mais il fait un signe de la main, refusant l’invitation du chauffeur. Il a besoin de temps. Deux rideaux se soulèvent surLire la suite « Légionnaire »
Louise au Monte-Alto
Chapitre 1 : une poule dans un mur Louise avait un mauvais goût dans la bouche.(Ah, oui, l’héroïne s’appelle Louise, j’ai longtemps hésité entre Louise et Ema, mais à un moment, il a fallu choisir.)( Notez que Lolotte ou Gigi étaient dans l’ordre des possibles aussi..) (ou Luce) (ou Jeanne) (oui, bon, j’arrête) (mais siLire la suite « Louise au Monte-Alto »
Suite 2
FAzslan regardait celle qui était assise en face de lui. Elle était belle à en couper le souffle. Tous les hommes du village en avaient d’ailleurs le souffle coupé. FAzslan s’en amusait parfois. Comme aujourd’hui, parce que se disait-il, en cette minute c’est avec moi qu’elle est assise, c’est avec moi qu’elle est. Une seuleLire la suite « Suite 2 »