Inutile ludion, je flotte entre deux eaux, je dérive, je monte et je descends.
Un remous m’entraîne, j’affleure la surface, une inspiration comme un cri. Je redescends, plonge, m’abîme, le courant me maintient plaquée, à la limite de l’asphyxie. Sons amplifiés d’une agonie qui ne dit pas son nom. L’instant suivant, je lutte et me dégage, émerge, aspire, tousse, aspire encore, avant qu’une vague ne me submerge. Je respire l’écume, me noie.
Pendant combien de temps devrai-je me débattre avant de renoncer ?
Avant d’abandonner tout mouvement.
Entre deux eaux, entre le tout et le rien, entre le plus jamais tout et le complètement rien.
Oser, tenter, croire, espérer. Débauche d’oxygène.
Puiser une dernière fois dans les ultimes réserves, peut-être.
Ressentir à nouveau l’envie de me sauver, d’être sauvée.
Juste une fois encore.
Espérer une voile.
Même lointaine.