DOROB Narel. Velum, un monde à part. Editions Datharia ( oct.3025), p.8.

Velum est une exoplanète d’une taille similaire à la Terre. Elle gravite autour de son soleil en 336 jours. Une lune, plus grosse que la nôtre, Tar, influence marées et cultures. Son atmosphère est quasiment identique : 76 % d’azote ; 22 % d’oxygène et quelques gaz rares.
Des trois continents, Ridhar, Salyr, et Nivola, seul Ridhar est habitable. L’eau douce y est présente partout, on y trouve aussi quantité de sources d’eau chaude, alors que Salyr en est privé, et que Nivosa est gelé.
Elle a été colonisée il y a trois millénaires, alors que la Terre devenait inhabitable. Puis la colonie s’est émancipée de la tutelle de cette planète morte où rien de vivant ne subsistait plus.
Les colons sont arrivés en nombre.
La planète la plus proche est Iriast, mais assez lointaine cependant pour que les échanges soient restés limités.
La vie s’y est développée de manière autonome, mais la plupart des espèces végétales et animales ont été implantées lors les vagues de colonisations successives.
Les sociétés de Velum ont atteint un niveau technologique proche de celui de la Terre : réseaux énergétiques, médecine avancée, transports rapides, intelligence artificielle.
Mais ce développement a connu une césure radicale. Un virus artificiel, conçu dans un laboratoire du continent de RhidAr, s’est échappé de son enceinte de confinement. L’épidémie, foudroyante, a tué les quatre-cinquièmes de la population en moins d’une année. Les systèmes automatisés, les moyens de transport rapide, les villes interconnectées ont favorisé sa propagation.
Les survivants ont été marqués à jamais. Face au traumatisme, un mouvement de rupture a émergé. Sur les ruines d’un monde mécanisé, les plus influentes cités du continent de RhidAr ont convoqué une assemblée : celle des Autarques. Le décret fondateur de cette nouvelle ère fut nommé simplement l’Interdit.
Depuis lors, Velum vit sans moteur, sans machine, sans métal usiné. L’artisanat a remplacé l’industrie. Les déplacements se font à dos de mule, de cheval. Les bœufs sont utilisés pour les travaux des champs. Le commerce s’effectue par cabotage maritime ou navigation fluviale, grâce à d’imposantes barges à rames ou à voile. L’administration est manuscrite. Le papier est produit à la cuve. Le savoir est transmis par copie manuelle et enseignement oral.
Le niveau de développement est désormais comparable à celui des II ème et III ème siècle de l’ère terrienne.
Les cités, relativement autonomes, se livrent parfois des conflits -brefs, localisés, rarement idéologiques, toujours économiques ou territoriaux.
L’ esclavage n’a pas disparu, mais prend une forme tempérée : les asservs.
Les femmes ne sont pas soumises à l’autorité d’un tuteur. Elles peuvent hériter, posséder, négocier, prendre part à la vie marchande ou artistique. Toutefois, une éthique des mœurs, valorisant la retenue et la discrétion, s’applique également à elles, souvent de façon plus stricte qu’aux hommes.
La médecine repose sur les plantes locales, cueillies, préparées, distillées avec soin. Deux fois par an, des vaisseaux autonomes venus de la planète proche d’Iriast envoient des équipes de médecins non-humains chargés d’assurer un suivi sanitaire minimal.
Ces vaisseaux ne repartent qu’avec les excédents agricoles autorisés à l’exportation : céréales, onguents, épices. Aucun produit n’est jamais importé.
Les habitants de Velum vivent sous un ciel nuancé, dans une société qui se veut équilibrée, mesurée, régie par un principe fondateur : « ne pas recommencer ».