Épilogue 2

( 2 mn de lecture )

Le garçon de six ans pénétra au grand galop dans la cour intérieure. Il fit plusieurs fois le tour du bassin, comme s’il était un cavalier tentant d’arrêter sa monture. Il riait aux éclats, les pieds chaussés de petites sandales, les cheveux en bataille.

Derrière lui, Périos apparut, portant une fillette de trois ans perchée sur ses épaules. Elle tenait fermement ses boucles blondes, criant elle aussi des ordres à sa docile monture.

Il la déposa avec douceur. Sitôt au sol, elle fila droit vers sa mère, assise sur un banc, à l’ombre du portique. Senna leva la tête et sourit. Elle posa un rouleau et quelques feuillets qu’elle avait dans les mains et ouvrit les bras pour y accueillir la petite fille qui se jeta dans ses bras.

« Alors, ma chérie, comment s’est passée la promenade ?
– On a vu un hérisson ! Et puis papa nous a emmené voir le petit veau, je l’ai même caressé, et sa maman a rien dit. » répondit la petite avec enthousiasme.

Périos, debout derrière le banc, se pencha pour déposer un baiser fugace dans le cou de Senna. Son regard s’attarda sur les feuilles éparses qu’elle avait posées. Il sourit et ne dit rien.
Valia appela les enfants depuis la cuisine, annonçant un goûter. Ils partirent en courant.

Senna écarta les feuilles et fit de la place à Périos. Elle tapota le banc, l’invitant à s’asseoir. Il s’assit près d’elle, lui entourant les épaules d’un bras. Senna se dégagea :
« Sois sérieux cinq minutes, dit-elle en riant, il faut qu’on parle ! »
Périos prit l’air sérieux qu’on exigeait de lui.
Elle se tourna vers lui, un éclat dans les yeux, puis leva ostensiblement les yeux au ciel. Elle reprit :
« Le domaine voisin met en vente des terres…
– Et ? demanda Périos, faisant semblant de ne pas comprendre où cela risquait de les mener.
– Et alors j’ai eu une idée ! 
– Moi aussi, j’ai une idée, j’en ai même plusieurs… » dit-il en promenant un doigt sur la cuisse de Senna.

Elle lui donna une tape sur la main. Périos prit l’air contrit d’un gamin pris en faute. Elle rit en secouant la tête.
« Après. Après, si tu es sage. Mais d’abord, tu m’écoutes… »

Publié par l'excédée

écriture, gravure, iris, David Austen, Yourcenar, Marc Aurèle, Rome, bidouilles, camping sauvage, art déco, de Stijl, Silverberg, escapades, récup', Asimov, Hadrien, Balkans.

2 commentaires sur « Épilogue 2 »

  1. Très belle histoire effectivement, subtile, raffinée, bien amenée tout du long avec précision, élégance, retenue. Les personnages sont attachants, effectivement, les principaux, comme les autres, les paysages avec leurs senteurs leurs perspectives, leurs attributs sont très présents et ont la même puissance que les personnages; Un très beau moment de lecture pour moi qui pratique trop peu la lecture. Merci

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